Décarboner sa chaîne d’approvisionnement : au-delà du scope 3
Le scope 3 concentre l’essentiel des émissions et l’essentiel de la difficulté. On n’en sort pas avec un tableur, mais avec ses fournisseurs.
Camille Berset
Associée·Lausanne
Pour la plupart des industriels, quatre-vingts pour cent des émissions se trouvent hors de leurs murs, dans la chaîne d’approvisionnement — le scope 3. C’est aussi la part sur laquelle ils ont le moins de prise directe. D’où la tentation de la traiter comme un exercice de reporting.
C’est une erreur. Le scope 3 ne se réduit pas en le mesurant mieux ; il se réduit en changeant ce que l’on achète, à qui, et comment. Cela suppose d’entrer dans la relation fournisseur, pas seulement dans un référentiel d’émissions.
Les programmes qui avancent partagent une méthode : concentrer l’effort sur les quelques catégories d’achat qui pèsent le plus, co-investir avec les fournisseurs clés plutôt que leur transférer la contrainte, et inscrire les objectifs carbone dans les contrats au même titre que le prix et la qualité.
La décarbonation de la chaîne de valeur est un chantier industriel et commercial, pas un chapitre du rapport annuel. Elle se pilote avec les achats, pas contre eux.